L’acuité sensorielle du chien japonais
- Suda Hiroko すだDOGファーム
- 2 déc. 2025
- 3 min de lecture
L’odorat du chien se distingue par une finesse exceptionnelle. Voici plusieurs observations et anecdotes illustrant cette capacité remarquable.
1. L’odorat : la faculté de « voir » l’invisible
Un homme vivait avec un chiot Kishu âgé de sept mois.Ayant arraché quelques poils à un autre Kishu du foyer, il les enterra au pied d’une herbe haute. Le chiot, aussitôt, les retrouva par l’odeur et les prit dans sa gueule. Même en changeant d’endroit, il les retrouvait encore et encore.
On peut dire que le chien perçoit, par l’odorat, des choses invisibles à l’œil humain. Là où nous ne distinguons rien, il reconnaît, identifie et localise par les nuances d’odeurs qui lui révèlent un monde que nous ne pouvons concevoir.

2. L’adaptation d’une jeune louve privée de vue
Vient ensuite le cas de quatre jeunes loups arctiques (deux mâles, deux femelles) élevés à la main dès l’âge de 42 jours, séparés de leurs parents.Une des femelles, née au zoo de Berlin, perdit la vue à la suite d’une lésion du nerf optique provoquée par une chute de quatre mètres hors de la tanière. Les examens vétérinaires confirmèrent une cécité complète dès le 42ᵉ jour.

À neuf semaines, la louve était totalement aveugle. Pourtant, lorsqu’on la promenait en laisse, elle s’arrêtait juste avant les fossés ou obstacles. Après quatre à cinq semaines supplémentaires, elle parvint à éviter les flaques d’eau et les troncs d’arbres, adoptant une démarche adaptée, les pattes plus haut levées. Pour un observateur non averti, son comportement paraissait indiscernable de celui de ses frères et sœurs voyants.
Cependant, une limitation nette apparaissait dans la chasse. Lorsqu’on relâchait une volaille devant les quatre jeunes, les trois voyants se lançaient aussitôt à la poursuite, tandis que la femelle aveugle restait immobile, incapable de suivre la proie. Cela montre que la vision demeure indispensable à certaines phases de la prédation.

3. Le monde sensoriel créé par l’odorat et l’ouïe
L’extrême sensibilité olfactive et auditive du chien a souvent nourri récits et légendes.Le seuil exact de concentration ou d’intensité qu’il peut discriminer varie selon les conditions expérimentales ; néanmoins, on sait que son cerveau reçoit, par l’odorat et l’ouïe, des informations que l’homme ne peut percevoir et qu’il les utilise pour orienter ses décisions comportementales.
On cite parfois, pour exprimer la hiérarchie des sens chez l’homme, la répartition suivante :vue 87 %, ouïe 7 %, toucher 3 %, odorat 2 %, goût 1 %.Mais ces chiffres, souvent répétés, n’ont de validité que contextuelle : ils dépendent du type de tâche et des conditions sensorielles. Il convient donc de ne pas les interpréter comme des constantes universelles.
4. Études de cas : les indices du son et de l’odeur

・Le son (ouïe) : un chien peut reconnaître le bruit spécifique du véhicule de son maître parmi d’autres, en analysant le pattern sonore du moteur. Selon le vent ou le bruit ambiant, certains chiens réagissent à plusieurs centaines de mètres.
・L’odeur (odorat) : un chien distingue l’odeur de l’eau, celle du bois en décomposition, ou encore la différence entre celle de la roche et celle du sol environnant ; ces contrastes l’aident à se repérer. Il combine aussi des informations issues du toucher des coussinets et de la peau, intégrant plusieurs canaux sensoriels pour appréhender son environnement.
Les chiens, contrairement à l’homme, ne hiérarchisent pas leurs sens de la même manière.Ils s’appuient principalement sur l’odorat et l’ouïe pour explorer et comprendre le monde. Même lorsque la vision est restreinte, ils intègrent odorat, ouïe et toucher pour ajuster leurs comportements.Cette stratégie sensorielle flexible constitue l’une des grandes forces du chien : une capacité d’adaptation perceptive qui explique son étonnante efficacité dans tant de contextes – chasse, pistage, compagnie, ou travail spécialisé.





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